Le prestigieux concours international Underwater Photographer of the Year (UPY) a révélé ses lauréats 2026 lors d’une cérémonie à Londres le 27 février. Fondé en 1965, ce concours prestigieux célèbre la photographie sous-marine mettant en lumière la vie aquatique à travers différentes catégories. Cette année, plus de 7 900 photographies ont été soumises par des professionnels et amateurs du monde entier, offrant un regard inédit sur des scènes souvent méconnues des profondeurs marines ou d’eau douce.
Le sacre de Matty Smith, Photographe sous-marin de l’année 2026
Le photographe australien Matty Smith a décroché le titre de Photographe sous-marin de l’année grâce à son cliché intitulé «Rockpool Rookies», illustrant deux bébés éléphants de mer australs jouant dans une mare rocheuse des îles Malouines. Ce fragile instant capturé dans l’archipel sud-américain a séduit le jury composé d’experts aussi exigeants qu’Alex Mustard, Peter Rowlands et Tobias Friedrich. En plus du grand titre, cette image a remporté la première place dans la catégorie portrait.
«J’ai observé ces jeunes otaries alors qu’ils apprenaient à nager seuls, livrés à eux-mêmes sur les rivages de l’île Sealion. Le soir de mon arrivée, le ciel embrasé et la lumière parfaite ont fait de cette photo un moment inoubliable», confie Matty Smith, photographe établi en Australie depuis 2007.
Une compétition riche de 14 catégories
L’UPY, dont la structure anglaise The Crown Estate est organisatrice, récompense chaque année une variété d’images sous-marines qui documentent aussi bien les océans, les lacs, les rivières, que des environnements plus atypiques comme les piscines. Depuis 1965, le concours inclut notamment des catégories réservées aux eaux britanniques afin de valoriser la biodiversité locale.
Portraits et comportements de la faune sous-marine
Dans la catégorie grand angle, Cécile Gabillon Barats, médecin et photographe française, a reçu le 1er prix pour un cliché d’un jeune cachalot curieux dans les Caraïbes. Ce moment rare témoigne de la relation respectueuse entre l’homme et la vie marine, une ethologie que la photographie révèle et documente.
«Ce cachalot semblait vouloir interagir avec nous, saisissant un morceau de calmar dans sa mâchoire. Un souvenir que je garde précieusement», explique-t-elle.
Par ailleurs, dans la catégorie comportement, le japonais Kazushige Horiguchi a immortalisé l’éclosion d’œufs de poissons-clowns au large de Kagoshima, soulignant l’importance des détails dans l’observation de cycles de vie marins.
Approches variées : du macro au compact et au noir et blanc
L’Italien Andrea Michelutti a remporté la catégorie compact avec une photo d’écrevisse prise dans un lac alpin italien, où il a dû photographier à l’aveugle en raison du matériel. En macro, le Coréen Seong Cheol Cho a saisi une crevette commensale nichée dans un corail fouet à Bali, combinant lumière et composition pour mettre en valeur la beauté sous-marine.
Le noir et blanc a été mis en lumière par Shunsuke Nakano à travers une photo d’une épave japonaise envahie par la vie marine, symbolisant la renaissance de la nature après des décennies de ruines métalliques.
Approche documentaire et enjeux de conservation
La photographie de conservation a été particulièrement marquée cette année par Khaichuin Sim, qui a capturé un jeune garçon assis sur un cétacé tué durant la chasse controversée aux globicéphales aux îles Féroé. Son image interroge la coexistence entre traditions culturelles et respect de la vie marine, mettant l’accent sur les débats éthiques entourant certaines pratiques.
«Cette scène illustre une collision entre héritage, identité et nécessité de changer pour protéger nos océans», explique le photographe malaisien.
Ailleurs, Tom Shlesinger, écologue marin israélien, a documenté les rituels de reproduction annuelle des coraux en mer Rouge, révélant par la photographie la complexité et la fragilité de ces mécanismes naturels insaisissables.
Jeunes talents et nouvelles technologies mises à l’honneur
La catégorie jeunes talents permet aux photographes émergents de présenter leur travail. Le Américain Sam Blount a impressionné avec un phoque léopard dans les eaux antarctiques, une rencontre rare et puissante avec ce grand prédateur marin. De même, le Chinois Jack Ho a remporté la première place pour une image réalisée avec un smartphone, une première dans l’histoire du concours, ouvrant ainsi la compétition à de nouvelles pratiques photographiques.
La biodiversité britannique sous les projecteurs
Les catégories dédiées aux eaux britanniques ont mis en lumière des comportements naturels fascinants, notamment la photographie d’Evan Johnston révélant un banc de requins formant un «torus», un comportement énigmatique lié à la reproduction, observé au large de l’Écosse. Quant à Tom Ingram, il a raconté par l’image le dévouement d’une pieuvre durant sa période de ponte en Cornouailles, un moment poignant célébrant l’altruisme animal.
Épaves et récifs coralliens
La catégorie épaves a été remportée par le Suédois Niclas Andersson pour un cliché du cuirassé japonais Nagato couché à l’envers au large des îles Marshall, un plongeon dans l’histoire combiné à une expérience sous-marine technique. En récifs coralliens, Tom Shlesinger a su capter la magie fugace de la reproduction synchronisée, un des phénomènes naturels les plus spectaculaires.
Perspectives et valeurs du concours
Depuis six décennies, l’Underwater Photographer of the Year permet non seulement d’exprimer la créativité et l’expertise technique des photographes, mais aussi de sensibiliser le grand public aux richesses et aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes aquatiques. Plusieurs lauréats soulignent l’importance de ces images pour nourrir la connaissance scientifique et promouvoir la conservation marine.
«Au-delà de la beauté, ces photographies sont des outils éducatifs et des témoignages précieux face aux enjeux environnementaux majeurs», souligne Alex Mustard, membre du jury.
En combinant ambitions artistiques, documentaires et scientifiques, cette édition 2026 du concours UPY témoigne de la vitalité de la photographie sous-marine contemporaine et de son rôle crucial dans la protection des océans et de la biodiversité mondiale.


