Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a officialisé le 14 mars 2026 la sélection du film « Un simple accident » du cinéaste iranien Jafar Panahi pour représenter la France dans la catégorie meilleur film étranger aux Oscars 2026. Lauréat de la Palme d’Or au Festival de Cannes en 2025, ce drame iranien coproduit en France symbolise à la fois un choix audacieux et un soutien aux cinéastes en exil.
Une sélection qui souligne le rôle de la France dans le cinéma international
Le président du CNC, Gaëtan Bruel, a salué le parcours du film et sa place dans la tradition cinématographique française. « Après avoir remporté la Palme d’Or à Cannes, ‘Un simple accident’ s’envole maintenant pour les Oscars », a-t-il déclaré. Il a également souligné que ce long métrage, soutenu notamment via l’aide aux cinémas du monde, illustre la position historique de la France comme terre de coproduction et d’accueil pour les créateurs internationaux. « Notre pays, 130 ans après avoir inventé le cinéma, demeure le cœur battant des coproductions internationales », a expliqué Bruel en évoquant le soutien apporté à Panahi, dont l’activité cinématographique est entravée dans son pays d’origine.
Une compétition relevée à l’intérieur et à l’extérieur de la sélection
Le choix du CNC s’est imposé parmi cinq films pressentis pour représenter la France aux Oscars, dont « Arco » d’Ugo Bienvenu, « La Petite Dernière » de Hafsia Herzi, « Nouvelle Vague » de Richard Linklater et « Vie Privée » de Rebecca Zlotowski. Cette sélection initiale illustre la diversité des propositions cinématographiques françaises d’aujourd’hui.
Au niveau des Oscars, « Un simple accident » sera en lice avec quatre autres films dans la catégorie meilleur film étranger : le brésilien « L’Agent secret » de Kleber Mendonça Filho, le norvégien « Valeur sentimentale » de Joachim Trierr, l’espagnol « Sirât » d’Óliver Laxe et le tunisien « La Voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania.
Un film tourné clandestinement dans l’Iran d’aujourd’hui
Sorti en salles françaises le 1er octobre 2025, « Un simple accident » raconte l’histoire d’un garagiste iranien qui, après avoir purgé une peine de prison pour propagande contre le régime, croit reconnaître son ancien tortionnaire. Le film a été tourné dans des conditions clandestines, illustrant les difficultés rencontrées par Jafar Panahi, figure majeure du cinéma de dissidence en Iran.
Ce long métrage fort et engagé témoigne du regard critique porté sur la société iranienne contemporaine et souligne la répression dont sont victimes les artistes contestataires. La reconnaissance internationale obtenue à Cannes a offert à ce film une visibilité majeure, renforcée par la sélection aux Oscars.
Implications pour la scène cinématographique française et internationale
Le choix de « Un simple accident » témoigne aussi de la capacité du cinéma français à soutenir des œuvres venues d’horizons variés, surtout celles issues d’artistes empêchés de travailler dans leur pays. Cette politique de coproduction et de soutien reflète une volonté affirmée de faire de la France un refuge culturel et un acteur clé au rayonnement mondial.
Gaëtan Bruel, président du CNC, a résumé ainsi cette politique : « Nous voulons rester une terre d’accueil pour les créateurs du monde entier, notamment ceux qui sont empêchés de travailler dans leur propre pays. »
Avec cette sélection, la France met en lumière les enjeux du cinéma engagé et la pluralité des voix qui l’animent. Le passage aux Oscars peut ouvrir de nouvelles perspectives tant pour le cinéaste que pour l’ensemble des talents liés à ce projet.
En route vers la 98e cérémonie des Oscars
La 98e cérémonie des Oscars se tiendra le 16 mars 2026. D’ici là, « Un simple accident » portera haut les couleurs de la France dans la course au trophée du meilleur film étranger. Après une absence sur la scène des César 2026, cette sélection pourrait permettre au film de conquérir la prestigieuse statuette américaine et de renforcer l’image du cinéma français au niveau international.
Le long métrage de Jacques Audiard avait tenu ce rôle l’année précédente, illustrant la continuité et la diversité des choix opérés par le CNC en faveur d’œuvres reconnues à l’échelle mondiale.


