La DZ Mafia, un réseau criminel originaire de Marseille spécialisé dans le trafic de drogues, serait orchestrée par un groupe de six à huit dirigeants, selon les révélations du patron de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), Christian Sainte, ce jeudi 16 avril. Cette organisation, qui opère aussi bien dans la cité phocéenne que dans plus d’une dizaine de départements en France, s’inscrit dans un phénomène complexe de trafic et de criminalité organisée aux ramifications étendues.
Une organisation étendue sur plusieurs départements
Christian Sainte a précisé lors d’une interview sur RTL que la DZ Mafia ne se limite pas à Marseille, mais que la police la localise dans « plus d’une dizaine de départements ». Cette localisation est établie grâce à l’identification de points de deals ainsi qu’à l’implication du réseau dans des exécutions de contrats, typiques du mode opératoire des grandes structures criminelles. Ces données illustrent la capacité d’implantation du réseau au-delà de son berceau d’origine.
Une structure hiérarchisée entre chefs et soldats
Au cœur du réseau, entre six et huit personnes seraient à la tête de cette organisation, selon le chef de la DNPJ. Ces dirigeants ne sont pas tous incarcérés ; certains restent en liberté, tandis que d’autres pourraient même être à l’étranger. Parallèlement, la DZ Mafia emploie plusieurs centaines de « soldats », des individus chargés de mettre en œuvre les ordres des chefs par divers moyens criminels.
Cette division entre têtes pensantes et exécutants illustre le modèle classique des organisations criminelles contemporaines, qui reposent sur un renouvellement constant de leurs membres inférieurs. « Il y a toujours un phénomène de recrutement qui permet de réabonder en soldats », explique Christian Sainte, mettant en avant la dynamique perpétuelle de renouvellement générationnel au sein du réseau.
Des tâches variées et rémunérations modestes
Les « soldats » exécutent des missions diverses : surveillance, vol de véhicule, incendie de biens, voire des actes plus graves comme la commandite de meurtre. Leur rémunération reste généralement limitée. Selon le patron de la police judiciaire, cela varie « de 2 000 à 5 000 euros, c’est à la commande », somme modeste au regard des risques encourus.
« Ces organisations fonctionnent avec une mécanique bien rodée, où les petites mains sont rarement surpayées mais acceptent les missions en raison de l’absence d’autres alternatives économiques », commente un expert en criminalité organisée.
Impact économique et corruption
Sur le plan financier, le narcotrafic généré par la DZ Mafia représenterait un chiffre d’affaires annuel estimé entre sept et dix milliards d’euros. L’an dernier, les forces de l’ordre ont saisi environ deux milliards d’euros d’avoirs criminels liés à cette activité. Cette manne financière permet au réseau de corrompre diverses personnes, touchant aussi bien des agents publics que des acteurs du secteur privé, ce qui complexifie la lutte judiciaire.
Près de 900 interpellations en deux ans
La répression policière s’avère intense depuis plusieurs années. En deux ans, plus de 900 individus affiliés au réseau DZ Mafia ont été arrêtés, dont environ 550 ont été placés en détention provisoire. Ce chiffre impressionnant atteste de l’ampleur du réseau et du travail accompli pour freiner ses activités, tout en soulignant les défis rencontrés face à ce renouvellement constant de ses membres.
« La lutte contre des organisations comme la DZ Mafia nécessite une coordination renforcée entre forces de police et justice pour anticiper les évolutions du réseau et limiter son recrutement », estime un responsable judiciaire.
Conclusion : un défi persistant pour la sécurité publique
La DZ Mafia incarne un modèle complexe d’organisation criminelle étendue et hiérarchisée, mêlant trafic de drogue, violence et corruption. Avec plusieurs têtes dirigeantes identifiées, mais souvent à l’abri de la justice ou à l’étranger, et une base étendue de « soldats » renouvelés en permanence, le réseau reste une priorité majeure pour les forces de l’ordre en France. La mobilisation policière et judiciaire devra s’intensifier pour contenir et démanteler ces structures, dont l’impact dépasse largement la région marseillaise.

