Ce jeudi 30 avril, une grande soirée de kickboxing se tient au Grand Palais de Paris avec la participation exceptionnelle de Shiva Nariman, une jeune championne iranienne qui a fui son pays pour poursuivre sa carrière sportive. Organisée par Cyril Benzaquen, cette manifestation sera également marquée par un combat de championnat du monde entre la combattante d’origine iranienne et la Française Jeanne Huron. Cet évènement est un moment fort chargé de symbolisme, mêlant sport et engagement pour les droits des femmes.
Un combat pour le sport et la liberté
Shiva Nariman, âgée de 24 ans et surnommée « Gladiator », a quitté l’Iran en 2023 accompagnée de sa sœur et de sa mère. Face aux restrictions culturelles et politiques en Iran, en particulier pour les femmes sportives, elles ont dû fuir séparément afin d’éviter toute arrestation aux frontières. La famille vit désormais en Grèce où Shiva s’est préparée intensivement pour son grand défi parisien face à Jeanne Huron, pour un combat de titre mondial.
« Shiva incarne bien plus qu’une simple combattante, elle est le visage d’une lutte pour la liberté et les droits des femmes dans le sport et au-delà », explique Cyril Benzaquen, organisateur et kickboxeur.
Un événement historique au Grand Palais
La tenue de cette rencontre au Grand Palais de Paris est un fait marquant. Cet édifice emblématique n’avait pas accueilli de sport de combat depuis près de 80 ans, ce qui souligne l’importance de cet événement dans l’histoire du kickboxing français. L’organisation de Cyril Benzaquen, septuple champion du monde, vise à mettre en lumière des combats de haut niveau tout en sensibilisant à des causes sociales.
« Accueillir un championnat du monde dans un lieu si prestigieux contribue à donner une visibilité forte à nos disciplines et aux enjeux qui les entourent », précise Cyril Benzaquen.
Un parcours semé d’embûches
Le parcours de Shiva Nariman est exemplaire : en Iran, la pratique du kickboxing par les femmes est limitée par des codes vestimentaires stricts et des contraintes sociales sévères. Se battre en short, comme Nariman le fait, est perçu comme une transgression des normes. Ce choix dépasse la dimension sportive pour devenir un acte militant fort. Sa venue en France a été facilitée par les réseaux sociaux. Lorsqu’elle s’est entraînée dans un club parisien familial, Cyril Benzaquen a repéré sa détermination via une story Instagram et a décidé de la soutenir.
« Les réseaux sociaux ont parfois du bon, ils révèlent des talents cachés et permettent de créer des opportunités lorsque les voies traditionnelles sont fermées », souligne le promoteur.
Un combat à plusieurs enjeux
Au-delà de la mise en jeu d’un titre de championne du monde, ce combat symbolise la résistance contre les entraves à la liberté des femmes dans le sport, particulièrement dans certains pays où cette pratique est confrontée à l’oppression. Shiva Nariman représente une nouvelle génération de sportives qui franchissent les barrières politiques et culturelles pour faire entendre leur voix à travers leur discipline.
Pour sa part, Cyril Benzaquen sera également sur le ring pour affronter Samir Selmi, un jeune espoir de 23 ans, dans l’espoir de conquérir son huitième titre mondial. Cette soirée promet donc un spectacle sportif de haute qualité mêlé à une dimension symbolique puissante.
Perspectives et implications
Le combat de Shiva Nariman au Grand Palais s’inscrit dans une dynamique internationale de soutien aux athlètes contraints à l’exil et aux militantes pour les droits des femmes. Alors que les tensions sociales persistent en Iran et dans d’autres régions, leur engagement par le sport attire l’attention sur les défis et les injustices qu’elles subissent. La visibilité offerte par ce type d’évènement contribue à sensibiliser le public français et mondial sur ces enjeux.
« Nous espérons que le parcours de Shiva inspirera d’autres femmes à dépasser les obstacles et à croire en leurs rêves, même dans les contextes les plus difficiles », conclut Cyril Benzaquen.
Ce combat constitue ainsi à la fois une compétition sportive d’élite et une prise de position engagée, rappelant que le sport peut être un vecteur puissant de changement social et de liberté.


