Un navire de croisière, immobilisé ce mercredi au large du Cap-Vert, est devenu un foyer d’hantavirus après la détection d’un passager infecté par la souche des Andes, connue pour sa transmission interhumaine. Trois cas suspects, dont deux membres d’équipage malades et une personne contact, ont été évacués médicalement, tandis que les autorités surveillent la situation de près.
Situation actuelle et évacuation des cas suspects
Le navire, identifié comme le MV Hondius, reste stationné au large du Cap-Vert dans l’attente d’une évacuation sécurisée. Selon Ann Lindstrand, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Cap-Vert, trois personnes liées au navire font actuellement l’objet d’une évacuation médicale : deux membres d’équipage souffrants et un individu identifié comme contact. Tous sont dans un état stable, et l’un d’entre eux ne présente aucun symptôme.
L’évacuation consiste en un débarquement au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, avant un transfert par ambulance vers l’aéroport voisin pour un rapatriement sanitaire. L’OMS précise que, suite à cette opération, le MV Hondius devrait reprendre sa route, probablement en direction des îles Canaries.
La souche des Andes, un hantavirus à transmission humaine
Les autorités sud-africaines ont confirmé auprès d’une commission parlementaire que le passager infecté lors de cette croisière porte la souche des Andes de l’hantavirus. Cette variante est particulière en raison de son potentiel de transmission interhumaine, ce qui en fait une menace sanitaire majeure en comparaison des autres 38 souches connues.
Le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, a indiqué que deux passagers transférés en Afrique du Sud ont été hospitalisés à Johannesburg. Malheureusement, l’un d’eux est décédé, tandis que l’autre reste sous surveillance médicale. Ces développements illustrent la gravité associée à cette souche spécifique d’hantavirus.
« La détection de la souche des Andes sur ce navire est préoccupante, car c’est la seule souche qui se transmet directement entre humains, augmentant ainsi le risque d’une propagation rapide en milieu clos comme un navire », a expliqué un expert en maladie infectieuse.
Contexte et mesures de surveillance
L’hantavirus est un virus généralement transmis via l’exposition aux déjections de rongeurs infectés et provoque des maladies respiratoires sévères. Si la plupart des souches ne se transmettent pas directement entre personnes, la souche des Andes fait exception, ce qui nécessite une gestion sanitaire rigoureuse notamment dans des environnements confinés comme les navires de croisière.
Le Cap-Vert, situé sur la route maritime empruntée par de nombreuses croisières internationales, joue un rôle clé dans la coordination des évacuations et dans la mise en place de protocoles pour limiter la propagation. L’OMS reste mobilisée sur place pour appuyer les autorités sanitaires locales.
Impact sur la navigation et la santé publique
Cette alerte sanitaire retentit alors que le secteur du transport maritime tente de se relancer face aux contraintes post-pandémiques. L’immobilisation provisoire du navire et l’évacuation des passagers malades ont des répercussions importantes sur la gestion des flux touristiques et sur la confiance des voyageurs vis-à-vis des croisières.
Par ailleurs, la situation soulève des questions sur la nature des contrôles sanitaires effectués avant l’embarquement et la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique à bord. La prévention de la transmission de maladies infectieuses demeure un défi majeur dans ce type d’environnement.
« Cette affaire met en lumière la nécessité d’un suivi médical renforcé des passagers et de l’équipage, ainsi que l’importance d’une coopération internationale pour gérer rapidement ce type d’incidents », déclare une chercheuse en santé publique.
Perspectives et recommandations
À ce stade, les autorités internationales restent vigilantes face à la possibilité d’une propagation plus large du virus. L’OMS recommande une surveillance continue des passagers ayant été en contact avec le navire et incite à la mise en place de mesures de prévention ciblant la gestion des vecteurs naturels tels que les rongeurs.
Les experts insistent aussi sur la nécessité d’informer la population et les personnels navigants des risques liés à cette souche afin d’éviter toute panique et de garantir une action coordonnée. Des mesures d’isolement des personnes infectées et leur prise en charge adaptée sont prioritaires pour limiter la transmission.
Cette situation rappelle que malgré les avancées en matière de santé publique, certaines maladies infectieuses rares et redoutables peuvent encore engendrer des crises sanitaires imprévues, notamment dans des contextes où la proximité et le confinement favorisent leur diffusion.

