Alors que l’Europe subit des vagues de chaleur inhabituelles incluant des records au Royaume-Uni et en France, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié ses projections climatiques à court terme. Ces prévisions indiquent que la période 2026-2030 pourrait battre les plus grands records de température depuis l’ère préindustrielle. En particulier, l’année 2027 est susceptible, avec une forte probabilité, de devenir l’année la plus chaude jamais mesurée sur la planète, en grande partie à cause de l’effet attendu d’un épisode El Niño.
Des phénomènes météo extrêmes déjà visibles en Europe
Plusieurs pays européens connaissent depuis quelques jours des épisodes caniculaires exceptionnels. En France, des températures inédites pour la saison ont été relevées, tandis qu’à Londres, la chaleur a dépassé les 35 °C pour un mois de mai, un record historique. Ces événements confirment la tendance mondiale à l’élévation des températures et ravivent les inquiétudes liées au changement climatique.
« Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses, ce qui impacte sévèrement nos sociétés et nos écosystèmes, » explique le climatologue Jean-Marc Lebrun.
Une décennie marquée par une température record
Selon les données compilées par l’OMM, les onze années de 2015 à 2025 figurent parmi les plus chaudes jamais mesurées à l’échelle mondiale. Le climatologue principal du bulletin de prévision chez l’OMM, Leon Hermanson, indique que les températures sur la période 2026-2030 « devraient se maintenir à des niveaux record ou quasi record ». La probabilité que la moyenne des cinq années dépasse de plus de 1,5 °C les niveaux préindustriels est d’environ 75 %.
Ces projections s’inscrivent dans une tendance globale au réchauffement durable, avec des extrêmes climatiques de plus en plus prononcés, contribuant à des événements météorologiques extrêmes comme les canicules récentes.
L’impact attendu d’El Niño sur 2027
Un élément clé dans cette prévision est le retour probable d’un épisode El Niño fin 2026, phénomène océanique naturel caractérisé par le réchauffement des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Ces conditions favorisent une série d’effets climatiques en chaîne à l’échelle mondiale, souvent associés à des années exceptionnellement chaudes.
L’OMM souligne que l’année 2027 sera étroitement surveillée car la probabilité qu’elle devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée atteint 86 %. Ce niveau d’incertitude s’explique par la variabilité induite par El Niño sur les températures globales. Notamment, la tendance se maintiendra probablement en 2028, avec la persistance possible d’un épisode El Niño.
« El Niño est un amplificateur naturel du réchauffement climatique. Il peut faire grimper les températures globales de façon significative, » précise Hermanson.
Evolution des températures mondiales depuis le siècle dernier
Le réchauffement moyen de la planète par rapport à la période préindustrielle (1850-1900) s’élevait déjà à environ 1,3 °C à 1,9 °C selon les prévisions de l’OMM pour la période 2026-2030. Un seuil particulièrement critique de 1,5 °C a déjà été dépassé temporairement en 2024, année désormais reconnue comme l’une des plus chaudes jamais enregistrées.
L’OMM ajoute qu’il est « très probable » qu’entre 2026 et 2030, la température globale dépasse ce seuil au moins une fois. En revanche, l’agence juge « extrêmement improbable » que la limite de 2 °C de réchauffement soit franchie dans les cinq prochaines années, seuil qui est clé dans l’Accord de Paris.
Conséquences sur la préparation aux vagues de chaleur
Face à ces prévisions alarmantes, certains pays commencent à renforcer leur préparation aux épisodes caniculaires. En France, le gouvernement a organisé récemment une réunion interministérielle pilotée par le Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif est de coordonner les mesures pour anticiper un été 2026 et les années à venir particulièrement chauds, avec plusieurs vagues de chaleur attendues.
« La fréquence et l’intensité des canicules imposent une vigilance accrue, tant pour la santé publique que pour la protection des infrastructures, » souligne Aurélie Dubois, experte en gestion des risques climatiques.
Conclusion : une alerte pour le climat mondial
Ces analyses de l’Organisation météorologique mondiale illustrent l’urgence climatique accrue pour la région européenne et le monde. Si le retour d’El Niño joue un rôle important dans le record potentiel de 2027, le contexte global de réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre amplifie les phénomènes météorologiques extrêmes et les températures inédites.
Les experts insistent sur la nécessité d’une action internationale renforcée pour limiter l’impact du changement climatique et s’adapter aux conditions désormais plus extrêmes. Les projections de l’OMM rappellent également l’importance du suivi continu des paramètres climatiques mondiaux pour mieux anticiper les futures crises.


