À Nîmes, à partir de ce lundi 15 juin et jusqu’au jeudi 18 juin, s’ouvre le procès en appel de Pierre Quistrebert, accusé d’avoir tué son ex-compagne Maguy. En 2022, la victime, mère de famille âgée de 50 ans, avait été assassiné de 32 coups de couteau sur le parking de son lieu de travail à Cavaillon, dans le Vaucluse. Ce crime avait suscité une forte émotion, étant le 61e féminicide enregistré cette année-là en France.
Contexte du féminicide et première condamnation
Maguy, nom de naissance Malgorzata Splawska, avait été brutalement assassinée en 2022 alors qu’elle se rendait à son emploi chez Sterne, entreprise située à Cavaillon. Son ex-compagnon, Pierre Quistrebert, alors âgé de 64 ans, avait très vite été placé en garde à vue puis mis en accusation. Lors du procès initial, qui s’était tenu en 2025 devant la cour d’assises du Vaucluse à Avignon, il avait été reconnu coupable d’assassinat avec préméditation. Il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Le tribunal s’était appuyé sur plusieurs éléments à charge, notamment des témoignages de proches et de voisins. La veille du meurtre, une voisine avait alerté la gendarmerie après avoir constaté des violences et des menaces de la part de Pierre Quistrebert envers Maguy. Malgré cette alerte, aucune mesure de protection concrète n’avait été prise.
Les circonstances et la réaction des forces de l’ordre
Lors de l’appel au poste de gendarmerie, les agents avaient constaté que Pierre Quistrebert était en état d’ivresse. Toutefois, ils s’étaient limités à lui conseiller de « se reposer » au domicile de Maguy et avaient suggéré à cette dernière de chercher une solution d’hébergement alternative. Cette intervention jugée insuffisante par la famille de la victime a soulevé une controverse sur la prise en charge des situations de violences conjugales par les autorités.
«L’inertie des gendarmes face à la situation de danger dans laquelle se trouvait Maguy constitue une faute lourde ayant conduit à son assassinat», avait déclaré Fabien Arakelian, avocat de la famille, lors d’une conférence de presse en 2025.
Poursuites contre l’État pour négligence
En parallèle au procès pénal, la famille de Maguy a engagé une procédure judiciaire contre l’État, qu’elle accuse de « faute lourde » dans la gestion de l’alerte reçue la veille du drame. Selon leurs avocats, les forces de l’ordre n’ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger la victime en danger, ce qui aurait pu prévenir ce meurtre tragique.
Ce dossier vient alimenter le débat sur la responsabilité institutionnelle dans la lutte contre les violences conjugales et féminicides. Des mesures récentes ont été annoncées par le gouvernement afin d’améliorer les dispositifs d’alerte et de protection, mais des familles endeuillées dénoncent encore des défaillances majeures.
Le procès en appel : enjeux et perspectives
Ce nouvel épisode judiciaire à la cour d’appel de Nîmes pose d’abord la question des éléments présentés lors du premier procès et des arguments qui pourraient être avancés pour contester la décision initiale. L’appel vise souvent à reconsidérer certains points factuels ou procéduraux, même si la gravité des faits rend peu probable une atténuation du verdict.
Plus largement, ce procès souligne la persistance de violences extrêmes au sein des relations intimes et la difficulté à les prévenir, malgré les alertes. La société française demeure confrontée à un nombre élevé de féminicides chaque année, ce qui interpelle les autorités et les citoyens sur les moyens à déployer pour protéger les victimes potentielles.
Selon Marie Dupont, sociologue spécialiste des violences conjugales, « ce procès rappelle tragiquement que les dispositifs mis en place doivent être constamment réévalués pour ne pas laisser impunis ou non prévenus des drames évitables ».
Contexte national des féminicides
En 2022, ce crime a été recensé comme le 61e féminicide en France. Le pays fait face à une prise de conscience progressive des violences faites aux femmes, avec des lois renforcées et un engagement croissant des associations spécialisées. Malgré cela, le chemin reste long pour assurer la sécurité et la justice pour toutes les femmes victimes de violences.
Le procès en appel de Pierre Quistrebert constituera un moment important de visibilité pour ce combat, notamment quant à la reconnaissance des responsabilités individuelles et institutionnelles.
Conclusion
L’ouverture de ce procès à Nîmes donne une nouvelle étape judiciaire au dossier complexe du meurtre de Maguy. Au-delà du cas individuel, il constitue un rappel des enjeux sociétaux liés aux violences conjugales, aux réponses policières et judiciaires, ainsi qu’à la lutte contre le féminicide.

