Le militant ouïghour Dolkun Isa a été refoulé à son arrivée au Maroc le 20 juillet 2026, alors qu’il comptait participer à une conférence internationale sur la liberté de religion à Casablanca. Placé en détention presque 15 heures sans explications valables, il a ensuite été expulsé vers l’Allemagne, a indiqué le Congrès ouïghour mondial (WUC).
Détention et expulsion de Dolkun Isa à Casablanca
Dolkun Isa, ancien président du Congrès ouïghour mondial, organisme basé à Munich qui défend les droits de la minorité ouïghoure notamment face aux persécutions en Chine, est arrivé au Maroc le 20 juillet. À son arrivée à l’aéroport de Casablanca, il a été placé en garde à vue et soumis à un contrôle approfondi par les autorités marocaines. Durant près de 15 heures, il est resté en détention sans qu’aucune justification claire ne lui soit communiquée.
À l’issue de cette période, les autorités l’ont expulsé vers l’Allemagne sans lui permettre de participer au Sommet international sur la liberté religieuse auquel il était convié. Cet événement rassemblait plusieurs acteurs internationaux autour de la défense du droit fondamental de croire ou de ne pas croire.
Réactions du Congrès ouïghour mondial et demandes d’explications
Face à ce refoulement, le WUC a fermement condamné le comportement des autorités marocaines dans un communiqué publié le lundi 29 juillet 2026. L’organisation a dénoncé cette interdiction d’accès et a exigé plus de transparence sur les raisons invoquées pour cette détention puis cette expulsion. Par ailleurs, le Congrès ouïghour mondial a appelé le gouvernement marocain à préciser si cette décision a été prise sous influence ou pression extérieure, notamment de la part de la Chine.
« Cet acte met en lumière les difficultés que rencontrent les militants ouïghours à travers le monde, y compris dans des pays où ils espèrent trouver un espace d’expression tranquille », a déclaré Sophie Martin, experte en droits de l’homme au sein d’une ONG européenne.
Le ministère marocain de l’Intérieur n’a pas donné suite aux demandes de commentaires formulées par plusieurs agences de presse. L’absence de réponse officialise un flou inquiétant quant à la possibilité pour les militants ouïghours d’exercer leurs droits sur le territoire marocain.
Contexte et enjeux internationaux
La communauté internationale observe depuis plusieurs années la répression systématique des Ouïghours en Chine, notamment dans la région du Xinjiang. Dolkun Isa, en tant que défenseur des droits humains et dirigeant du WUC, symbolise cette lutte contre les violations massives qui ont conduit à des condamnations internationales pour crimes contre l’humanité.
Le Maroc, en quête de relations équilibrées avec Pékin, pourrait voir ses décisions influencées par des considérations diplomatiques et économiques. Des experts évoquent une possible coopération dans le cadre de la Belt and Road Initiative chinoise, qui accroît l’influence de la Chine en Afrique et au Moyen-Orient.
« Le cas de Dolkun Isa illustre une tendance inquiétante à la répression transnationale des défenseurs des droits humains ouïghours », souligne Jean-Pierre Dubois, professeur en droit international à l’Université de Paris. « Cela pose de sérieuses questions sur le respect des droits fondamentaux dans les relations internationales actuelles. »
Appels à la mobilisation internationale
Le WUC a lancé un appel à l’Allemagne, à l’Union européenne et aux Nations unies pour qu’ils interviennent auprès des autorités marocaines afin de garantir la protection des militants ouïghours. Ces organisations souhaitent que le Maroc s’engage à respecter pleinement les droits des réfugiés et des défenseurs des droits humains sur son territoire.
Ces incidents rappellent la vulnérabilité des militants qui, lorsqu’ils voyagent à l’international, peuvent faire face à des intimidations ou restrictions liées à la pression politique de certaines puissances mondiales. La nécessité d’une protection accrue pour ces défenseurs est régulièrement soulignée par les ONG de défense des droits humains.
Perspectives pour Dolkun Isa et la communauté ouïghoure
Suite à son expulsion, Dolkun Isa est retourné en Allemagne, où il poursuit ses engagements en faveur des Ouïghours. Sa mésaventure au Maroc soulève cependant des inquiétudes sur la liberté de circulation et la sécurité des militants ouïghours partout dans le monde.
Le Congrès ouïghour mondial considère cet incident comme une démonstration claire des obstacles rencontrés pour défendre la cause ouïghoure dans un contexte international parfois hostile ou pragmatique. Il appelle à une vigilance accrue des instances internationales face aux pressions qui peuvent compromettre les droits fondamentaux.
Alors que la question ouïghoure demeure un enjeu majeur de droits humains et de géopolitique, le cas de Dolkun Isa met en lumière la complexité des conflits entre souveraineté nationale, coopération internationale et défense des libertés individuelles.


