Le conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan a connu une escalade dramatique fin février 2026, avec le déclenchement d’une « guerre ouverte » annoncée par Islamabad à la suite d’une offensive militaire afghane à la frontière. Ces affrontements armés ont fait plusieurs dizaines de morts, provoquant une crise diplomatique majeure entre les deux pays voisins d’Asie du Sud. Les autorités pakistanaises ont mené des frappes aériennes ciblées sur des positions talibanes, notamment à Kaboul et Kandahar, intensifiant ainsi un conflit latent aux conséquences régionales inquiétantes.
Une montée des hostilités à la frontière
Jeudi 26 février 2026, l’armée afghane a lancé des attaques massives sur des bases militaires pakistanaises situées le long de la frontière commune. Cette opération a été justifiée comme une riposte aux bombardements pakistanais menés le week-end précédent contre des camps présumés « terroristes » en territoire afghan. Ces raids aériens de l’armée pakistanaise avaient selon Islamabad causé plusieurs dizaines de morts parmi des groupes militants, en représailles à des attentats-suicides survenus récemment au Pakistan, notamment une attaque dans une mosquée à Islamabad début février.
En réponse aux attaques afghanes, le gouvernement pakistanais a rapidement riposté par des bombardements sur la capitale Kaboul, la province de Paktia et la ville de Kandahar, ciblant notamment des installations de la défense talibane. Des explosions ont été entendues au petit matin par des journalistes présents à Kaboul, accompagnées du survol d’avions de chasse pakistanais. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a officiellement annoncé sur le réseau social X une déclaration de « guerre ouverte » contre les autorités talibanes afghanes, affirmant que la patience d’Islamabad était désormais épuisée.
Points de vue et réactions officielles
De son côté, la porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué la prise d’une quinzaine d’avant-postes pakistanais, affirmant la mort de nombreuses forces pakistanaises lors de ces affrontements. Ce communiqué souligne l’importance que les autorités afghanes accordent à cette offensive militaire, marquant une rupture claire dans les relations déjà tendues entre Kaboul et Islamabad.
« Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre le Pakistan et les autorités talibanes, » a déclaré Khawaja Asif sur X, réaffirmant la détermination de son pays face aux attaques frontalières.
Contexte historique et diplomatique
La confrontation actuelle s’inscrit dans un contexte de relations difficiles entre le Pakistan et l’Afghanistan, marquées par des tensions depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en 2021. Islamabad accuse Kaboul d’abriter et de soutenir des militants qui mènent des attaques sur le sol pakistanais. Cette accusation est systématiquement démentie par les autorités afghanes, alimentant une impasse diplomatique et sécuritaire.
Les points de passage frontaliers sont en grande partie fermés depuis les combats d’octobre 2025 qui ont fait plus de 70 morts totaux. Plusieurs tentatives de négociation, impliquant notamment le Qatar et la Turquie, ont visé à instaurer un cessez-le-feu et à rétablir un dialogue durable, mais elles n’ont pas abouti à une désescalade concrète.
Appels internationaux et enjeux régionaux
Face à cette montée des tensions, plusieurs pays ont exprimé leur préoccupation. L’Iran a proposé son aide pour faciliter la reprise des discussions entre Kaboul et Islamabad, souhaitant éviter une confrontation plus large sur la région. La Chine, qui entretient des relations stratégiques avec les deux pays, s’est dite « profondément inquiète » de cette escalade et a appelé à un cessez-le-feu immédiat pour prévenir une dégradation plus grave.
Un expert en relations internationales à l’Institut d’Asie du Sud a déclaré : « Ce nouveau cycle d’affrontements risque d’aggraver encore la stabilité fragile de la région. La communauté internationale doit intensifier ses efforts pour un dialogue inclusif entre l’Afghanistan et le Pakistan. »
L’instabilité entre ces deux pays a aussi un impact sur la sécurité régionale, notamment à cause des groupes armés et djihadistes présents dans cette zone frontalière. Toute dégradation prolongée pourrait accentuer les risques de propagation du conflit et compliquer les efforts internationaux pour la lutte antiterroriste.
Perspectives et implications futures
Alors que la situation reste volatile, aucune solution définitive n’est en vue à court terme. Les combats récents montrent la difficulté à instaurer la confiance entre Kaboul et Islamabad, et la poursuite des hostilités menace de transformer un conflit localisé en une crise régionale majeure. Le contrôle des zones frontalières, la lutte contre les groupes armés non étatiques et la reconnaissance politique des autorités talibanes sont autant de défis qui pèseront sur la stabilité future.
La communauté internationale suit de près l’évolution de la crise, consciente que la paix en Afghanistan et la sécurité du Pakistan sont étroitement liées. Toute aggravation pourrait également affecter les pays voisins et la coopération régionale en matière de sécurité et de développement économique.
Le porte-parole d’une organisation humanitaire avertit : « Les populations civiles des zones frontalières sont les premières victimes de ces escalades. Une intensification durable des combats pourrait aggraver la crise humanitaire déjà sévère dans cette région. »
En conclusion, après des années de tensions sporadiques, le conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan a franchi un seuil inquiétant avec la déclaration de guerre et les frappes aériennes directes. Le chemin vers la paix semble semé d’embûches, nécessitant un engagement renouvelé des acteurs locaux et de la communauté internationale pour éviter une déstabilisation plus large en Asie du Sud.


