Ce dimanche 5 avril 2026, les autorités iraniennes ont procédé à l’exécution de deux individus reconnus coupables d’avoir collaboré avec Israël et les États-Unis durant les contestations antigouvernementales qui ont secoué le pays en début d’année. Mohammed-Amin Biglari et Shahin Vahedparast ont été pendus après confirmation de leur condamnation par la Cour suprême iranienne, a annoncé le site officiel Mizan.
Contexte des manifestations et accusations de collusion étrangère
Les manifestations qui ont débuté en décembre 2025 en Iran prenaient initialement pour origine une contestation sociale liée à la hausse du coût de la vie. Avec le temps, elles se sont transformées en un mouvement de contestation politique plus large dirigé contre le régime des mollahs. Le gouvernement iranien a imputé ces troubles à une ingérence étrangère, accusant notamment « Israël » et les « États-Unis » d’avoir fomenté ces émeutes, qui auraient inclus actes de violence et vandalisme.
Dans ce contexte, plusieurs personnes ont été arrêtées et inculpées de liens avec ces pays étrangers, tandis que certaines ont été présentées comme des agents ou collaborateurs. Les deux hommes exécutés faisaient partie de ce groupe, reconnus coupables d’avoir agi au service des puissances étrangères lors des manifestations.
Un cycle d’exécutions en augmentation
Depuis le mois de mars 2026, l’Iran a renforcé sa répression contre ceux considérés comme des opposants ou des collaborateurs des puissances étrangères. Outre les deux hommes pendus ce 5 avril, d’autres exécutions ont été signalées dans les semaines précédentes. Le 2 avril, un jeune homme de 18 ans a été exécuté pour des accusations similaires, et plusieurs membres de l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (MEK), un groupe d’opposition qualifié de terroriste et interdit dans le pays, ont aussi été pendus.
En l’espace de quelques jours, près d’une dizaine d’exécutions liées à ces accusations ont été effectuées. Ces opérations s’inscrivent dans un climat de tension extrême, notamment depuis l’offensive militaire lancée le 28 février 2026 par les puissances occidentales contre l’Iran.
Impact et réactions internationales
L’exécution de plusieurs jeunes condamnés à mort pour liens avec l’étranger suscite une nouvelle vague d’inquiétudes en matière de droits humains. Amnesty International et d’autres organisations soulignent que l’Iran demeure le deuxième pays au monde en nombre d’exécutions, derrière la Chine. Ces pratiques illustrent la persistance d’une politique répressive sévère, en particulier dans le contexte de guerre et de contestation intérieure.
Pour le chercheur en sciences politiques Karim Farhadi, « ces exécutions montrent une volonté du régime iranien de renforcer son contrôle face à une contestation qu’il considère comme une menace existentiale, en particulier lorsqu’elle est perçue comme soutenue par des puissances étrangères ».
Un régime sous pression interne et externe
Depuis le déclenchement des manifestations de fin 2025 et la montée du conflit avec les États-Unis et Israël, l’Iran vit une période de forte instabilité. La multiplication d’exécutions vise à dissuader la dissidence et à contrôler les groupes d’opposition, notamment ceux accusés de liens avec le MEK ou d’autres organisations interdites.
Dans ce contexte, la population iranienne subit une double pression : économique, avec la dégradation des conditions de vie qui a provoqué les premières protestations, et politique, avec la répression accrue exercée par le régime des mollahs. Ces dynamiques contribuent à maintenir une situation fragile et conflictuelle à l’intérieur du pays.
Un militant des droits humains ayant requis l’anonymat a indiqué, « la multiplication des exécutions pour des motifs politiques reflète une stratégie du régime visant à liquider toute forme d’opposition avant qu’elle puisse prendre de l’ampleur ».
Perspectives et défis à venir
Alors que le conflit avec les puissances occidentales s’inscrit dans la durée, les tensions internes ne devraient pas faiblir. La communauté internationale reste attentive aux évolutions politiques et aux rapports sur le respect des droits fondamentaux en Iran. La politique d’exécution pour des accusations d’espionnage ou de collaboration demeure un sujet majeur de préoccupation, amplifiant les critiques contre le régime.
Les prochains mois seront marqués par l’évolution du conflit régional, la réaction de la population iranienne aux mesures gouvernementales, ainsi que par les réponses politiques et diplomatiques des partenaires internationaux.

