Le ministère de l’Intérieur a récemment prononcé une interdiction de vente aux mineurs d’un guide religieux destiné aux adolescentes musulmanes. Ce manuel, d’environ 25 pages, fait l’objet de vives critiques pour ses contenus jugés contraires aux principes républicains et susceptibles d’influencer des jeunes filles d’une manière problématique. En plus de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans, le livre ne doit plus être exposé à la vue du public.
Un guide religieux contesté destiné aux adolescentes
Ce manuel se présente comme un outil pour approfondir la foi islamique et renforcer le lien entre les jeunes croyantes et Allah. Toutefois, certains passages ont suscité une forte controverse. Parmi eux, une phrase reprise dans le texte affirme que « le prophète a maudit les femmes qui agissent comme des hommes ». Le guide met également en garde contre l’imitation des comportements, croyances, tenues vestimentaires, fêtes et coutumes dites « occidentales ».
Ces contenus ont conduit les autorités à s’interroger sur l’influence potentielle de ce manuel auprès de jeunes filles en âge mineur, avec un risque possible d’embrigadement ou d’adhésion à une vision rigoriste et exclusiviste de la religion.
Des contenus qui posent question face aux valeurs républicaines
La décision d’interdire ce manuel relève d’une volonté d’éviter la diffusion d’idées pouvant nuire à la cohésion sociale et à l’égalité, notamment en matière de genre. La formulation sur les femmes, jugée sexiste, alimente un discours discriminatoire incompatible avec la charte républicaine française.
Une source proche du dossier précise que
« Ces messages, véhiculés auprès d’adolescentes vulnérables, peuvent contribuer à renforcer des stéréotypes et à alimenter des tensions sociales et culturelles déjà présentes. »
Un phénomène plus large que ce seul ouvrage
Pour Lara Fatimi, avocate pénaliste spécialisée, le cas de ce manuel n’est pas isolé. Elle souligne que
« Il existe malheureusement une multitude d’ouvrages similaires circulant sans toujours respecter les obligations légales de dépôt qui permettraient un meilleur contrôle. Cette opacité complique la surveillance des contenus potentiellement problématiques. »
Cette situation reflète une problématique globale de la diffusion de certains discours religieux radicalisés au sein de publics jeunes, parfois en marge des circuits classiques de publication.
Une réponse limitée des éditeurs contestée par le ministère
Selon des informations communiquées, la maison d’édition à l’origine de ce manuel avait proposé d’ajouter une mention claire indiquant le caractère religieux de l’ouvrage ainsi qu’un avant-propos explicatif. Cette démarche visait à mieux contextualiser le contenu auprès des lecteurs.
Cependant, le ministère de l’Intérieur a jugé ces mesures insuffisantes pour lever l’interdiction, estimant que la nature même des propos contenus dans le guide reste incompatible avec une diffusion libre aux mineurs.
Une illustration des enjeux liés à la diffusion de discours religieux radicaux
Cette mesure s’inscrit dans le cadre plus large des efforts déployés par l’État pour lutter contre l’islamisme radical, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs et la prévention de toutes formes d’endoctrinement. Le contexte actuel, marqué par une vigilance accrue sur les expressions de l’islam politique et des appartenances sectaires, rend ces décisions d’autant plus sensibles.
Comme le rappelle un sociologue spécialiste des religions,
« La frontière entre pratiques religieuses et injonctions idéologiques est parfois ténue, mais il faut impérativement garantir que les jeunes puissent exercer leur foi sans subir de pressions ou de discours excluants. »
Conséquences et perspectives
Au-delà de la sanction administrative, ce cas met en lumière la difficulté de concilier liberté d’expression, liberté religieuse et respect des valeurs fondamentales. Il interroge également sur la responsabilité des éditeurs et distributeurs dans le contrôle des publications.
Cette interdiction pourrait encourager une vigilance accrue des autorités sur d’autres documents similaires, tout en suscitant un débat sur les moyens de mieux accompagner les jeunes dans leur quête spirituelle sans basculer dans des radicalités dangereuses.
De leur côté, les familles concernées et certains acteurs communautaires appellent à davantage de dialogue et d’éducation pour combattre les idées extrémistes sans stigmatisation ni rejet.


