À quelques jours du second tour des élections municipales 2026 à Nice, Christian Estrosi, candidat à sa réélection, a exprimé sa déception face au refus de soutien officiel de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Cette situation intervient malgré un accord national entre les Républicains et Horizons, le parti d’Estrosi, et met en lumière les tensions internes au sein de la droite locale.
Un refus de soutien qui surprend Christian Estrosi
Une campagne municipale tendue et fragmentée
Bruno Retailleau, interrogé la veille sur BFM TV, avait justifié son refus en évoquant la nature « délétère » de la campagne à Nice. Il a rappelé l’existence d’un accord national avec Horizons, notamment pour la ville, mais a choisi de ne pas soutenir officiellement Estrosi, sans toutefois basculer en faveur du candidat d’extrême droite Éric Ciotti, arrivé premier avec 43,43% des votes. Cette décision illustre les divisions et les complexités stratégiques à droite face à la montée du Rassemblement national dans certaines régions.
Le soutien officiel des Républicains confirmé par Michel Barnier
Face à cette ambiguïté, Michel Barnier, président du Conseil national des Républicains, a réagi en publiant un message sur le réseau social X le 18 mars. Il y a confirmé que la famille politique des Républicains avait décidé de soutenir Christian Estrosi dès le premier tour et maintiendra ce soutien pour le second tour. Ancien Premier ministre et figure respectée de la droite française, Barnier a tenu à rassurer l’équipe d’Estrosi en lui adressant ses vœux de succès pour la poursuite de la campagne.
Michel Barnier affirme : « La Commission nationale d’investiture a décidé d’apporter à Christian Estrosi le soutien de notre famille politique pour représenter la droite et le centre à Nice. »
Un second tour qui s’annonce complexe
Le contexte électoral niçois est particulier avec trois candidats qualifiés pour le second tour. Parmi eux, Juliette Chesnel-Le Roux, candidate de la gauche unie hors LFI, a recueilli près de 12% des suffrages. Elle a annoncé qu’elle ne se retirerait pas en faveur d’Estrosi, ce qui pourrait fragmenter le vote des électeurs modérés et de gauche. Cette tri-polarisation risque de compliquer le scrutin et de sécuriser la position d’Éric Ciotti, soutenu par l’UDI et le RN dans certains secteurs.
Enjeux locaux et répercussions nationales
Cette situation à Nice s’inscrit dans un contexte national où la droite traditionnelle, déchirée par plusieurs ressorts internes, peine à faire front uni face à la poussée du Rassemblement national. La scène politique locale reflète ainsi les tensions entre différentes sensibilités politiques du centre droit, entre l’approche pragmatique d’Estrosi et les lignes plus strictes défendues par certains responsables LR.
Un analyste politique confirme : « Les municipales à Nice illustrent les difficultés de la droite française à coordonner une stratégie cohérente face à une droite plus radicalisée, ce qui profite souvent au RN. »
Perspectives pour le scrutin du 22 mars
Au vu des divisions au sein de la droite niçoise, le second tour des municipales s’annonce incertain. Christian Estrosi devra compter sur le maintien de ses soutiens institutionnels et sur la capacité à convaincre les électeurs centristes et modérés, tout en limitant l’impact de la candidature à gauche. Le refus explicite de Bruno Retailleau, même relativisé, constitue un obstacle supplémentaire dans cette course électorale.
Dans les prochains jours, plusieurs figures nationales devraient intervenir pour tenter de rassembler les soutiens et clarifier les positions afin d’éviter une victoire d’Éric Ciotti, qui bénéficie déjà d’une importante avance du premier tour. Le scrutin du 22 mars sera ainsi scruté avec attention pour mesurer la capacité de la droite classique à résister à la montée du RN dans une grande ville comme Nice.


