Procès de Nicolas Zepeda : il nie à nouveau le meurtre de Narumi Kurosaki

Ce mardi 17 mars 2026, la Cour d’assises du Rhône à Lyon a rouvert le procès de Nicolas Zepeda, accusé du meurtre de son ex-petite amie, Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise disparue en décembre 2016. Condamné en première et en seconde instance à 28 ans de prison, le Chilien de 36 ans comparaît à nouveau après une annulation du verdict par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. Lors de cette première audience, il a fermement nié toute implication dans la mort de Narumi Kurosaki.

Un procès exceptionnel avec une portée internationale

Ce nouveau procès réunit de nombreux acteurs et témoins, avec la présence de traducteurs en espagnol et japonais, et des témoignages retransmis en visioconférence depuis trois continents. Cette dimension internationale souligne l’importance médiatique et judiciaire de l’affaire. Une soixantaine de journalistes français et étrangers ont été accrédités, témoignant de la forte audience qu’elle suscite. L’affaire Narumi Kurosaki, disparue alors qu’elle vivait en France dans le cadre de ses études, a bouleversé la communauté franco-japonaise et les observateurs internationaux.

Les déclarations de l’accusé

Pour la première fois depuis le début de la procédure, Nicolas Zepeda s’est exprimé directement devant la Cour. Malgré un faisceau important d’éléments à charge, il a déclaré « Je conteste ces faits, je suis innocent, je n’ai pas tué Narumi ». Affirmant qu’il est « ici pour me battre » afin de prouver son innocence, il maintient sa version des faits tout en réfutant la responsabilité du meurtre.

Me Claire Dumas, avocate au barreau de Lyon, souligne l’importance de cette prise de parole : « Dans une affaire aussi médiatique, entendre l’accusé permet aux juges d’évaluer la crédibilité de sa défense, mais aussi de comprendre sa posture face aux preuves accumulées. »

Les indices accablants présentés par l’accusation

Lors des premiers procès, plusieurs indices troublants avaient été mis en avant. L’accusation affirme que Nicolas Zepeda a étranglé ou étouffé Narumi Kurosaki puis dissimulé son corps dans un sous-bois proche d’une rivière. Les données GPS et téléphoniques indiqueraient qu’il a passé du temps à proximité de ce lieu, cinq jours avant la disparition, puis une nouvelle fois après avoir quitté la chambre de la victime.

Un autre élément notable est l’achat par l’accusé, le 1er décembre 2016, d’un bidon de cinq litres de produit inflammable, d’allumettes et d’un pulvérisateur contenant de l’eau de javel. Par ailleurs, les traces de localisation de son téléphone et de son véhicule montrent qu’il serait resté dans la chambre de Narumi pendant plus de 24 heures.

Les courriels et messages post-disparition

Les enquêteurs ont également relevé un comportement étrange après la disparition de la jeune femme. Elle aurait envoyé plusieurs courriels et messages incohérents destinés à son compagnon français, à l’université et à ses amis, prétendant être à Lyon pour une demande de renouvellement de visa – une démarche en réalité accomplie à Strasbourg via le consulat japonais. Ces messages paraissent destinés à rassurer son entourage, mais traduisent une mise en scène suspecte.

Plus curieux encore, un billet de train sur la ligne Besançon-Lyon, acheté en ligne depuis un centre commercial fréquenté par Nicolas Zepeda, aurait été pris au nom de Narumi Kurosaki. Selon des témoins présents dans le même wagon, la jeune femme ne serait jamais montée dans ce TGV.

L’inspecteur Jean-Marc Lemoine, chargé de l’enquête, affirme : « Ces éléments sont incohérents et indiquent une manipulation des faits. Cela participe à la construction d’un stratagème visant à dissimuler l’infraction. »

La juridiction face à un dossier complexe

Ce troisième procès intervient après une rare annulation d’une décision de la Cour d’appel par la Cour de cassation en 2025, pour vice de procédure. Cette situation montre la complexité du dossier et le soin que la justice doit porter à la régularité de la procédure afin d’assurer un procès équitable. La Cour d’assises doit réexaminer en détail les preuves, les témoignages et la défense de l’accusé.

Le retour en chambre correctionnelle pour des audiences comportant de larges dimensions internationales et des moyens techniques sophistiqués implique un travail minutieux pour les magistrats, avocats, et experts. L’affaire reste sensible à la fois pour les familles et les institutions concernées.

Les attentes du procès

Les audiences à venir se concentreront sur les circonstances de la disparition et la mort de Narumi Kurosaki, ainsi que sur la responsabilité directe ou indirecte de Nicolas Zepeda. Ce dernier devra convaincre la Cour de sa non-implication malgré des preuves qu’il qualifie d’insuffisantes ou erronées.

L’enjeu est également politique et diplomatique, tant la disparition touche des ressortissants étrangers et mobilise les autorités japonaises. Le procès devrait durer plusieurs semaines, en raison des nombreux éléments à examiner et des témoignages à entendre depuis divers pays.

La famille de la victime espère enfin obtenir une décision de justice définitive qui clôturera une affaire marquée par des années d’incertitude et de douleur.

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