Ben Affleck et Matt Damon sont poursuivis en justice par deux officiers de police de Miami, Jason Smith et Jonathan Santana, qui les accusent de diffamation liée à leur film «The Rip», disponible sur Netflix depuis janvier 2026. Bien que les policiers ne soient pas nommément identifiés dans le long-métrage, ils estiment que les personnages principaux s’inspirent directement d’eux, ce qui aurait gravement nui à leur réputation personnelle et professionnelle.
Les motifs de la plainte
Selon les documents judiciaires obtenus par plusieurs médias, Jason Smith et Jonathan Santana reprochent aux acteurs et producteurs d’avoir dépeint les agents de police dans des situations impliquant une mauvaise conduite, un manque de discernement et des comportements contraires à l’éthique lors d’opérations réelles. Ces représentations fictives, qui semblent intégrées au scénario, portent atteinte selon eux à l’image qu’ils ont construite tout au long de leur carrière au sein des forces de l’ordre.
Les plaignants dénoncent une « détérioration considérable » de leur réputation causée par le film, lequel narrativement suit une affaire où un groupe d’agents découvre une cache de plusieurs millions de dollars appartenant à un cartel. Cette découverte génère des tensions internes, chaque membre suspectant ses collègues de tentative de vol lors de cette opération policière.
Les revendications des deux policiers
Les deux officiers réclament des dommages et intérêts compensatoires et punitifs auprès de Falco Productions, la société des deux acteurs, ainsi que de l’association Artists Equity liée à la production. Ils demandent également la prise en charge intégrale de leurs frais d’avocat engendrés par cette action en justice.
Par ailleurs, ils exigent une rectification publique officielle et un ajustement dans le générique du film. Ils considèrent en effet que la mention actuelle « inspiré de faits réels » ne suffit pas à avertir le public des éléments fictifs importants incorporés dans l’histoire, qui ne reflètent pas la réalité vécue par les vrais agents.
Contexte et répercussions possibles
Ce contentieux met en lumière les tensions croissantes entre le monde artistique et les professionnels réels souvent représentés dans les œuvres inspirées de faits vrais. La question de la frontière entre liberté créative et respect de la réputation individuelle se trouve ainsi profondément posée.
Un expert en droit des médias interrogé par France12 explique :
« La ligne est parfois mince entre adaptation artistique et atteinte à la vie privée. Lorsque des personnages, bien que fictifs, sont identifiables et présentés sous un jour défavorable, les auteurs peuvent être tenus responsables de diffamation si les plaignants apportent la preuve que cela nuit à leur image publique et professionnelle. »
«The Rip», écrit et produit par Ben Affleck et Matt Damon, jouit d’une large audience sur Netflix, ce qui amplifie la portée des impacts allégués par les policiers. Une résolution favorable à ces derniers pourrait imposer à l’industrie audiovisuelle de revoir la manière dont les figures réelles ou référencées sont intégrées dans des scénarios à tonalité dramatique.
Une plainte qui introduit le débat sur la fiction et le réel
Ce procès intervient dans un contexte où le cinéma et les séries abordant la criminalité ou le travail policier s’efforcent de mêler authenticité et fiction. Cela engendre parfois des incompréhensions et des conflits quand les personnes ayant inspiré les récits estiment que leur vie ou leur profession sont déformées.
Des voix au sein du milieu cinématographique insistent sur la nécessité de préserver une marge de liberté narrative, tandis que d’autres appellent à plus de rigueur dans la représentation des faits et des individus impliqués. Dans le cas présent, le différend juridique soulève des interrogations sur la responsabilité artistique et éthique dans la production d’œuvres mêlant inspiration réelle et création fictive.
Enfin, ce litige pourrait influencer les futures productions, notamment sur la mention claire des œuvres tirées de faits réels et la gestion des droits des personnes dont l’histoire est racontée, afin d’éviter des conflits en justice et préserver les carrières des intéressés.

