Le 16 juillet à Yerres, dans l’Essonne, une opération conjointe de la police municipale et de la Protection maternelle et infantile (PMI) a permis de révéler l’existence d’une crèche illégale dissimulée dans une maison. Près d’une dizaine d’enfants, dont des nourrissons, ont été retrouvés entassés dans un véhicule stationné dans le garage au sous-sol de cette habitation, entraînant l’arrestation de deux assistantes maternelles.
Découverte d’une crèche clandestine au sous-sol
Au cours d’un contrôle dans une maison de la rue des Amandiers, les forces de l’ordre accompagnées des agents de la PMI ont trouvé un lieu d’accueil non conforme et non déclaré. L’inspection a révélé environ 17 enfants présents sur place, dont une dizaine regroupés dans une voiture garée dans le garage du bâtiment. Parmi ces enfants figuraient des nourrissons âgés de seulement cinq mois. Une fillette de huit ans semblait assurer la surveillance du groupe, suscitant une inquiétude quant aux conditions de prise en charge.
Selon les témoignages des intervenants, plusieurs enfants étaient en pleurs lors de leur prise en charge, ce qui souligne le caractère inadapté de cette structure clandestine. Ce cadre ne respectait manifestement pas les règles sanitaires et sécuritaires imposées pour l’accueil des tout-petits.
Une surveillance administrative insuffisante
La structure, baptisée « L’Atelier des petits », était sous la surveillance régulière de la PMI qui tentait depuis plusieurs mois d’inspecter les lieux. Cependant, à chaque visite précédente, la crèche restait fermée, ce qui avait suscité des soupçons de dysfonctionnements graves. Le jour de l’intervention, les deux assistantes maternelles en charge ont initialement refusé l’accès au sous-sol avant de finalement se soumettre aux autorités.
« Les risques sanitaires et de sécurité dans ce type d’établissement non déclaré sont considérables, surtout lorsqu’il s’agit de nourrissons et de très jeunes enfants », souligne une source proche de l’enquête.
Deux assistantes maternelles mises en examen
Âgées de 41 et 48 ans, les deux femmes responsables de cette crèche clandestine ont été placées en garde à vue immédiatement après la découverte. Elles ont été présentées au tribunal d’Évry-Courcouronnes où elles doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment ceux de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, de travail dissimulé et d’exercice illégal d’une profession réglementée.
Cette affaire illustre les difficultés rencontrées par les autorités dans le contrôle rigoureux des structures d’accueil du jeune enfant. Les conséquences de telles révélations sont d’autant plus graves qu’elles mettent en lumière des risques potentiels pour la sécurité et la santé des enfants concernés.
Un phénomène préoccupant sur le territoire français
En France, la mise en place et la gestion des structures d’accueil des jeunes enfants sont strictement réglementées pour garantir la sécurité, l’hygiène et le bien-être des mineurs. Malgré cela, la multiplication des structures illégales reste un défi majeur. En 2025, près de 300 établissements accueillant des jeunes enfants ont fait l’objet d’une procédure pour défaillance, qu’il s’agisse de crèches ou de garderies, selon les données de la plate-forme Pappers, spécialisée dans l’information juridique et financière des entreprises.
« La pression sur le secteur de la petite enfance pousse certains à opérer en marge de la légalité, souvent à la recherche de revenus complémentaires ou face à une demande non satisfaite », explique un expert en droits sociaux.
Conséquences et perspectives
Cette affaire met en lumière la nécessité d’intensifier les contrôles et les inspections des établissements accueillant les enfants, ainsi que de renforcer la prévention des pratiques illégales. Elle rappelle également l’importance d’une meilleure information et sensibilisation des familles quant aux risques encourus lorsqu’elles confient leurs enfants à des structures non agréées.
Pour les enfants concernés, leur prise en charge immédiate par les services sociaux a été assurée afin de pallier l’absence de conditions standards dans cette crèche clandestine. Une enquête administrative et pénale est en cours pour déterminer l’ensemble des responsabilités et pour empêcher la réapparition de telles pratiques sur le territoire.
