Hautes-Alpes : un enseignant jugé pour viols sur dix collégiennes à l’Argentière-la-Bessée

Un enseignant de l’Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes, est jugé dès ce lundi 22 juin 2026 devant la cour criminelle de Gap. Il est poursuivi pour des viols et agressions sexuelles commis sur au moins dix collégiennes entre 2017 et 2019. Ce procès, qui s’étalera jusqu’au 26 juin, concerne des faits graves qui avaient été révélés à travers plusieurs plaintes, notamment déposées par les familles des victimes.

Origines de l’affaire et premières plaintes

Les premiers soupçons remontent à 2017 lorsque la mère d’une élève de cinquième, déléguée des parents d’élèves, avait signalé un comportement déplacé du professeur. Sa fille avait alors rapporté que l’enseignant lui avait « caressé les fesses » et donné « des coups de fesse » tandis qu’elle se trouvait à son casier. Cette plainte avait déclenché un signalement auprès de la gendarmerie par le collège, mais l’enquête initiale avait été classée sans suite.

Une série d’attitudes inappropriées avait également été évoquée, notamment des tirages de bretelles de soutien-gorge, des massages aux épaules et des attouchements répétés. En plus de ces gestes, le professeur aurait offert des peluches à certaines élèves et les aurait prises en photo, publiant ensuite ces images sur son compte Facebook, suscitant l’inquiétude chez les parents et l’établissement scolaire.

Des accusations graves et des témoignages accablants

En 2018, de nouveaux témoignages accablants sont venus confirmer les abus. Une élève de 13 ans a accusé l’enseignant de l’avoir violée en salle de classe. Une autre victime a déclaré avoir été contrainte à des rapports oraux. Au cours des auditions, cette jeune fille a décrit une relation complexe avec l’accusé, qu’elle qualifie de « complicité intellectuelle » puis de lien « hors du commun » qui aurait duré près d’un an.

Elle a également expliqué s’être rendue à plusieurs reprises au domicile du professeur où elle aurait été attachée, avant d’être abusée sexuellement. Ces agressions auraient eu des conséquences dramatiques sur sa santé mentale, entrainant honte, troubles alimentaires et idées suicidaires.

« Il avait une grosse emprise sur moi », a révélé cette ancienne élève dans une lettre envoyée aux enquêteurs, décrivant comment le professeur l’avait attachée de force et pénétrée, avant de la libérer.

D’autres témoignages similaires ont fait état de violences comparables, évoquant des abus répétés et des manipulations psychologiques exercées par l’enseignant. Ces récits renforcent la gravité des faits reprochés et confirment l’ampleur du dossier.

Procédure judiciaire et mise en examen

Finalement arrêté en février 2019, le professeur a été placé en garde à vue puis mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs. Lors de sa garde à vue, il a nié les accusations en affirmant que les contacts étaient « consentants » et qu’il ne s’agissait que de « câlins collectifs pour remercier ses élèves ».

Depuis, il est placé sous contrôle judiciaire et ne peut exercer dans le secteur éducatif. Malgré tout, il aurait continué à travailler comme moniteur éducateur dans un établissement de l’Isère qui accueille principalement des adultes handicapés, mais aussi occasionnellement des mineurs, suscitant des interrogations sur la surveillance dont il bénéficiait.

Imbrication des enjeux éducatifs et judiciaires

Cette affaire interroge également sur la responsabilité des institutions scolaires et des autorités qui n’étaient pas parvenues à prévenir l’escalade des violences. Le signalement initial avait été suivi d’un classement sans suite, ce qui a retardé la reconnaissance officielle des faits et évité une première confrontation judiciaire.

« Ce genre d’affaires met en lumière les dysfonctionnements possibles dans la protection des mineurs au sein du système éducatif », souligne Marie Dupont, spécialiste en droit de la protection de l’enfance. « Il faut garantir une vigilance accrue pour éviter que de tels actes restent impunis. »

Le procès qui se tient à Gap doit maintenant permettre d’établir la vérité judiciaire et d’apporter des réponses aux victimes, dont certaines sont toujours marquées durablement par ces traumatismes. Le cours de cette audience sera suivi de près par les familles et les spécialistes de la protection de l’enfance, alors que la société revendique de plus en plus une tolérance zéro face aux violences sexuelles sur mineurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *