Le rappeur français Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, va être jugé pour cyberharcèlement à l’encontre de Magali Berdah, agente artistique connue dans le milieu des influenceurs. Cette décision judiciaire, rendue publique le 8 juillet 2026, fait suite à une enquête portant sur des faits datant de 2022. Booba est mis en examen depuis octobre 2023 dans ce dossier.
Une enquête suivie d’une décision judiciaire
Le parquet de Paris avait réclamé en février 2026 le renvoi de Booba devant une juridiction pénale, ce que les magistrats instructeurs ont finalement ordonné. L’artiste des Hauts-de-Seine est accusé d’avoir mené une campagne de cyberharcèlement contre Magali Berdah, personnalité influente et ex « papesse des influenceurs ».
Les faits remontent à 2022, période durant laquelle Booba avait exprimé publiquement son opposition aux pratiques de certains influenceurs qu’il qualifiait d’« influovoleurs ». Il dénonçait notamment des méthodes commerciales jugées trompeuses. S’appuyant sur ses nombreux abonnés, il avait lancé ce qu’il appelait des « malédictions » à l’encontre de certains influenceurs, ciblant tout particulièrement Magali Berdah.
Conséquences sur l’activité professionnelle de Magali Berdah
Magali Berdah dirige la société Shauna Events, spécialisée dans la gestion d’influenceurs. Elle affirme que les actes imputés à Booba lui ont causé un « lourd préjudice ». Selon elle, le rappeur aurait non seulement harcelé directement, mais aussi exercé des pressions sur les marques collaborant avec son entreprise, les incitant à rompre leurs partenariats.
Cette affaire n’est pas isolée : une vingtaine de personnes ont été condamnées pour cyberharcèlement envers Berdah dans des dossiers connexes. Cela met en lumière la gravité des pratiques en ligne entre personnalités publiques et influenceurs.
Une plainte ajoutée pour harcèlement moral
Par ailleurs, depuis octobre 2025, Booba est également mis en examen pour harcèlement moral en ligne à l’encontre de Demdem, ancienne compagne de Gims, une autre figure majeure du rap français. Cette mise en examen traduit l’attention croissante portée par la justice aux formes numériques de harcèlement dans le milieu artistique et médiatique.
Enjeux juridiques et médiatiques de l’affaire
Le procès à venir s’inscrit dans un contexte où la frontière entre liberté d’expression et diffusion de propos harcelants est de plus en plus scrutée. Les experts juridiques rappellent que « l’utilisation des réseaux sociaux pour influencer la réputation ou la vie professionnelle d’autrui peut engager la responsabilité pénale, en particulier lorsque cela engendre une véritable pression ou menace. »
« Le cyberharcèlement touche désormais de nombreuses sphères, y compris celles des célébrités et influenceurs. Ce procès constituera un test important pour la protection juridique dans l’espace numérique. » – Me Claire Dupont, avocate spécialisée en droit des médias
De son côté, la société Shauna Events a souligné l’impact négatif de la campagne médiatique lancée par Booba sur son image et ses relations commerciales, réduisant ainsi ses opportunités de collaboration.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la propagation et l’amplification des conflits entre personnalités publiques. Avec des millions d’abonnés, les artistes comme Booba disposent d’une importante tribune. Lorsque celle-ci est utilisée pour exercer des pressions ou des attaques ciblées, les conséquences peuvent être graves, tant sur le plan personnel que professionnel.
« La viralité des messages sur les réseaux peut vite mener à des formes de harcèlement collectif, ce qui complique leur gestion judiciaire et humaine. » – Dr Julien Martin, sociologue des médias
L’affaire souligne également les tensions entre rappeurs et influenceurs, deux univers souvent en interaction mais parfois antagonistes, notamment sur des questions d’image et de crédibilité.
Prochaines étapes judiciaires
Le renvoi en procès de Booba marque une étape importante dans ce dossier. Si le procès est une forme de reconnaissance de la gravité des accusations, il rappelle aussi la complexité juridique de cas liés aux comportements en ligne.
Le déroulement de ce procès sera suivi de près par les acteurs du monde numérique, les spécialistes du droit et le grand public, pour évaluer les limites de la liberté d’expression dans l’espace digital et la protection des victimes de harcèlement.
En attendant, la parole judiciaire reste prudente et ne présume ni de la culpabilité ni de l’innocence avant jugement. De telles affaires illustrent les défis posés par la justice à l’heure des réseaux sociaux et des nouvelles formes de conflit.

