Lors du CinemaCon de Las Vegas en avril 2026, Tom Rothman, dirigeant de Sony Pictures, a exprimé ses préoccupations sur l’avenir des salles de cinéma. Il s’est notamment focalisé sur la nécessité de diminuer la longueur des publicités avant les films, qui décourageraient les spectateurs et nuiraient à l’expérience collective. Ce discours s’inscrit dans un contexte d’évolution du modèle cinématographique face au streaming et aux enjeux économiques.
Un appel à réduire la publicité avant les films
Dans son intervention au CinemaCon, Tom Rothman a insisté sur le fait que les publicités diffusées avant les projections peuvent durer jusqu’à 30 minutes, ce qui provoque souvent un retard dans l’arrivée des spectateurs en salle. Il a précisé que ce temps d’attente excessif entraînait un rejet des bandes-annonces et une perte d’engagement, qualifiée d’« incitations gaspillées ».
« Débarrassez-vous de la publicité interminable pour réduire le temps d’attente avant la projection », a lancé Rothman, soulignant que ce changement améliorerait considérablement l’expérience cinématographique.
Selon lui, cet ajustement est essentiel pour rendre les salles plus accueillantes et conserver l’intérêt du public, dans un contexte où l’expérience collective est un atout face à la concurrence des plateformes numériques.
Un optimisme prudent pour l’année 2026
Malgré les défis, Tom Rothman se montre optimiste sur les perspectives du box-office pour 2026. Il anticipe une année record grâce à la sortie de films très attendus tels que le troisième volet de « Dune » ou « Digger ». Il met cependant en garde les studios contre la réduction systématique des fenêtres d’exclusivité entre la sortie en salles et la disponibilité sur les plateformes de streaming.
« Même si cela signifie que vous ne pourrez pas sortir tous vos films, il faut préserver la durée d’exclusivité en salles », a-t-il déclaré, défendant la valeur et la singularité de l’expérience cinématographique.
Ce positionnement souligne l’importance pour les studios hollywoodiens de soutenir un modèle équilibré, conciliant diffusion en salle et nouvelles formes de consommation.
La nécessité de préserver l’originalité au cinéma
Tom Rothman s’est également exprimé sur l’importance des scénarios originaux dans l’industrie cinématographique. Il a critiqué la tendance des studios à privilégier les franchises basées sur des propriétés intellectuelles déjà existantes, au détriment de la créativité. Pour lui, la survie du cinéma en salle dépend aussi de cette capacité à innover.
« Ni les salles obscures ni l’art cinématographique lui-même ne peuvent survivre sans un minimum d’originalité. Après tout, on ne peut pas faire une suite à partir de rien », a-t-il expliqué.
Cette déclaration reflète une inquiétude grandissante concernant l’uniformisation du contenu et le risque que le public se lasse à terme des productions répétitives.
Prendre en compte le pouvoir d’achat des spectateurs
Un autre aspect fondamental abordé par le dirigeant concerne le pouvoir d’achat des spectateurs, facteur crucial pour l’accès au cinéma. Il a rappelé que l’augmentation constante des prix, notamment aux États-Unis, représente un frein important à la fréquentation des salles. Rothman a exhorté les exploitants à revoir leurs tarifs afin de rendre les sorties cinématographiques plus accessibles.
« L’accessibilité financière est de loin le principal problème économique pour la majorité des Américains qui vont au cinéma », a-t-il insisté.
Cette prise en compte des contraintes économiques des spectateurs souligne la complexité des défis à relever pour maintenir le cinéma comme un loisir populaire dans un contexte de hausse généralisée des coûts.
Vers une redéfinition de l’expérience cinématographique
Le message de Tom Rothman au CinemaCon dépasse la simple critique des pratiques actuelles ; il propose une réflexion globale sur la vitalité des salles obscures dans une industrie en pleine mutation. En réclamant moins de publicité, plus d’originalité et une meilleure accessibilité financière, il trace les grandes lignes d’une stratégie visant à préserver la place du cinéma traditionnel malgré la montée en puissance du streaming et l’évolution des modes de consommation.
Selon les analystes, ces préconisations pourraient influencer les décisions des exploitants et des studios dans un futur proche, si l’industrie souhaite éviter un déclin prolongé de la fréquentation en salles. Le dialogue ouvert par Rothman appelle à un équilibre entre innovation, respect du public et adaptations économiques, afin de maintenir vivante l’expérience collective du cinéma.


