La sénatrice Les Républicains Agnès Evren a tiré la sonnette d’alarme concernant les violences sexuelles dans les activités périscolaires. Invitée sur CNEWS le 2 juillet 2026, elle a évoqué l’ampleur du phénomène, décrivant Paris comme seulement « la partie émergée de l’iceberg ». La rapporteure de la commission d’enquête du Sénat a pointé une défaillance à l’échelle nationale dans la prévention et la gestion de ces situations préoccupantes, au moment où les collectivités locales et les familles attendent des réponses adaptées.
Une problématique largement sous-estimée en dehors de Paris
Selon Agnès Evren, si les cas de violences sexuelles dans le périscolaire paraissent médiatisés principalement à Paris, la réalité est bien plus vaste. « Il y a une défaillance au plan national », a-t-elle insisté, estimant que seules certaines affaires révélées dans la capitale ont été portées à la connaissance du grand public. Toutefois, le phénomène concerne l’ensemble du territoire français, avec une multiplicité d’acteurs impliqués dans le milieu périscolaire.
La sénatrice a souligné la nécessité d’un dispositif cohérent de prévention et de signalement qui s’applique partout, et pas seulement dans les grandes métropoles. Elle insiste sur l’importance d’une coordination efficace entre les cadres pédagogiques, les animateurs, les responsables municipaux et les services de protection de l’enfance, souvent insuffisamment informés ou formés sur les signaux faibles.
Le périscolaire, un cadre propice à des violences difficilement détectées
Les activités périscolaires regroupent des temps éducatifs et de loisirs en dehors des heures scolaires, tels que les accueils du matin, les temps de pause méridienne, les activités après la classe ou encore les centres de loisirs. Cette organisation est un enjeu majeur pour les familles et les collectivités, mais comporte aussi des risques de violences, dont les agressions sexuelles.
Ces violences peuvent être difficiles à identifier du fait de la diversité des intervenants et de la moindre supervision par rapport aux temps scolaires classiques. La place également importante accordée à la liberté d’expression et à l’autonomie dans certaines activités peut parfois masquer des situations préoccupantes.
« Il est important de renforcer la formation des animateurs sur les gestes de prévention et sur la détection des comportements à risque. Trop souvent, les personnels ne disposent pas des outils nécessaires pour agir efficacement », explique un expert en protection de l’enfance.
Des mesures attendues face à une situation préoccupante
La commission d’enquête sénatoriale, dont Agnès Evren est rapporteure, travaille actuellement à un rapport détaillé qui devrait intégrer des recommandations afin d’améliorer la prévention et la prise en charge des violences sexuelles dans le périscolaire. Par ailleurs, des propositions législatives et réglementaires pourraient suivre pour renforcer les contrôles et les responsabilités des acteurs.
Parmi les pistes envisagées figurent la mise en place d’un référent unique dans chaque collectivité chargé de coordonner la sécurité et la prévention, une formation plus systématique des personnels périscolaires, ainsi qu’un meilleur accompagnement des victimes. L’objectif est également de faciliter le signalement et la prise en compte des alertes à tous les niveaux, du terrain aux autorités compétentes.
« Face à cette situation complexe, il est primordial d’instaurer une vigilance renforcée et une responsabilité partagée, afin de garantir la sécurité et le bien-être des enfants », souligne Agnès Evren.
Un sujet de plus en plus visible dans le débat public
Cette alerte intervient dans un contexte où les violences faites aux enfants, et notamment les agressions sexuelles, sont devenues une préoccupation publique majeure. Les temps périscolaires, souvent considérés comme un prolongement naturel de l’école, sont désormais identifiés comme des environnements à risques, nécessitant une vigilance accrue.
Les familles, de plus en plus informées, réclament transparence et réponses rapides de la part des responsables locaux et nationaux. Les associations de protection de l’enfance appellent aussi à une mobilisation plus forte des pouvoirs publics, craignant que l’actualité parisienne ne masque d’autres réalités tout aussi graves dans les territoires ruraux ou périurbains.
Enjeux et perspectives
L’enquête parlementaire vise à construire une meilleure connaissance de la réalité des violences dans le périscolaire, à identifier les failles et à proposer des solutions durables. La question centrale demeure l’équilibre entre protection des enfants, respect des temps de loisirs et de détente, et responsabilité des différents acteurs.
La communication entre familles, encadrants et institutions devra être renforcée, tandis que les politiques publiques pourront s’appuyer sur des formations, des contrôles et une meilleure coordination pour prévenir efficacement ces violences.
« Ce dossier est emblématique des défis que rencontrent nos sociétés pour protéger les mineurs dans des espaces d’éducations informels, où les règles sont moins strictes qu’à l’école », conclut un sociologue spécialisé dans la protection de l’enfance.


