Un nouveau procès civil opposant Boeing aux familles des victimes du crash du vol Ethiopian Airlines 302 s’ouvre ce lundi 3 août 2026 à Chicago. Ce procès vise à établir la responsabilité du constructeur aéronautique dans la mort de Michael Ryan, un ingénieur irlandais travaillant pour le Programme alimentaire mondial des Nations unies. L’accident tragique s’était produit le 10 mars 2019 près d’Addis-Abeba, avec pour cause présumée un dysfonctionnement d’un logiciel embarqué sur le 737 MAX 8 de la compagnie éthiopienne.
Les circonstances du crash et ses conséquences
Le 10 mars 2019, le vol Ethiopian Airlines 302 s’est écrasé quelques minutes après son décollage d’Addis-Abeba, provoquant la mort de 157 personnes à bord. Ce drame suivait d’un autre accident similaire quelques mois plus tôt, impliquant un 737 MAX 8 de la compagnie Lion Air en Indonésie en octobre 2018, qui avait causé 189 décès. Ces deux catastrophes ont mis en lumière les problèmes liés au logiciel de contrôle de vol MCAS, conçu pour éviter le décrochage de l’appareil.
Parmi les victimes du vol Ethiopian Airlines, un grand nombre se rendaient à une réunion de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (ANUE) à Nairobi. Michael Ryan, ingénieur irlandais pour le Programme alimentaire mondial de l’ONU, faisait partie des passagers décédés lors de ce crash.
Un procès civil qui relance le débat sur la sécurité des 737 MAX
Ce nouveau procès a été initié par les proches de Michael Ryan afin de faire reconnaître la responsabilité de Boeing dans l’accident. Il intervient quelques semaines seulement après la décision d’un tribunal civil fédéral à Chicago, rendu le 13 mai 2026, qui avait condamné Boeing à verser 49,5 millions de dollars de dommages et intérêts aux familles d’une autre victime américaine du même accident.
Boeing avait officiellement admis en 2019 qu’un dysfonctionnement du système anti-décrochage MCAS avait contribué aux deux accidents, ce qui avait conduit à l’immobilisation mondiale temporaire des 737 MAX. Malgré des règlements à l’amiable dans la majorité des dossiers liés à l’accident éthiopien, plusieurs familles continuent de porter l’affaire devant la justice pour obtenir reconnaissance et réparation.
Les enjeux techniques et judiciaires autour du MCAS
Le logiciel de contrôle MCAS, censé stabiliser automatiquement l’appareil en vol, est au cœur des accusations. Selon plusieurs experts, ce système pouvait engager à tort une plongée de l’avion sans que les pilotes n’aient les moyens immédiats de reprendre le contrôle, circonstances fatales dans ces deux crashs.
Des spécialistes en aviation expliquent que ces incidents ont posé d’importantes questions sur les procédures de certification de Boeing et sur la supervision régulatrice, notamment par la FAA aux États-Unis. ‘‘Ce procès pourrait contribuer à clarifier qui portera la responsabilité finale de ces erreurs techniques et humaines’’, souligne Jean-Philippe Bernard, analyste en sécurité aérienne.
Réactions dans le secteur aérien et auprès des familles
Les familles des victimes espèrent que cette procédure civile permettra d’obtenir des réponses et des compensations. Elles expriment aussi leur volonté que ces drames servent à renforcer la sécurité des appareils et à éviter qu’ils ne se répètent. De leur côté, les représentants de Boeing maintiennent qu’ils respectent le droit des plaignants à saisir la justice, tout en rappelant les efforts déjà entrepris pour améliorer la sécurité du 737 MAX.
« Les familles sont légitimes à porter leurs requêtes devant les tribunaux et à chercher justice et transparence », a déclaré un porte-parole d’une association de victimes.
Un impact durable sur Boeing et l’industrie aéronautique
Le procès réactive la controverse autour du 737 MAX, modèle phare de Boeing mais également source d’une crise majeure pour l’entreprise. Immobilisé près de deux ans dans le monde entier, le 737 MAX a vu sa réputation et ses ventes ternies. Ce nouvel épisode judiciaire intervient alors que Boeing continue sa sortie de crise, avec la reprise progressive des livraisons et une vigilance accrue sur les dispositifs de sécurité.
Par ailleurs, la décision des tribunaux pourrait créer un précédent important pour les futurs litiges entre constructeurs, passagers et compagnies aériennes face à des défauts techniques ayant des conséquences graves.
Contexte réglementaire et suite du dossier
Depuis les accidents, la FAA et d’autres autorités de régulation internationale ont renforcé le cadre de certification aéronautique et exigé la mise à jour du logiciel MCAS pour éviter tout nouveau dysfonctionnement. Le procès de Chicago apportera probablement de nouvelles lumières sur d’éventuelles failles dans la conception et la validation de ce système.
Le tribunal devra examiner notamment si Boeing a suffisamment informé les compagnies aériennes et les pilotes des risques liés à ce logiciel et s’il a agi avec diligence dans la correction des défauts connus.
Cette audience, qui devrait durer plusieurs semaines, est suivie de près par l’industrie aérienne, les autorités de tutelle, mais aussi les familles des 346 victimes des deux crashs, en quête de vérité et de réparation.

